Et mon héritier qui se sauve en me tendant les bras. L'âtre est devenu noir, la chambre, froide. Les carreaux se sont brisés, et la rafale, entrant avec violence me ramène vite au sentiment des choses.

Aie, aie! quel contraste!

L'eau monte, monte, et considérablement. Et cette ascension, dont l'effet immédiat est de refroidir sensiblement la partie inférieure de mon individu, ne me laisse bientôt aucun doute sur la réalité des événements.

Ma vision a décidément disparu, mais le camp de Saïda me reste dans toute sa fraîcheur.

La pluie avait détrempé le sol à fond. Les piquets, n'y tenant plus, s'arrachaient sous la tension des toiles. Les tentes s'abattaient lourdement sur leurs occupants.

La scène change alors, et devient bouffonne.

Le premier ennui essuyé, le troupier sait toujours y faire succéder la gaieté.

Quelques-uns ont réussi à allumer des bougies, qu'ils protègent contre la pluie par tous les moyens connus.

On rit, on chante.

Ceux-ci jurent, ceux-là ramassent les effets. Enfin, chacun se livre à un travail quelconque, qui fait de l'ensemble un tableau vraiment féerique. On dirait une bande de sorciers, éclairés de feux fantastiques, dansant dans la nuit une sarabande diabolique.