Trêve à tout cela. Il faut faire le café; car, sans le café, impossible de marcher. Ce breuvage, comme nous l'avons déjà vu, est la seule nourriture que prend le matin, avant le départ, le soldat en route.

Allumer du feu? Inutile d'y songer.

Entrer chez l'habitant? Ah bien oui! c'est bon quand on est une dizaine, et nous sommes six cents.

On propose ceci, on propose cela; mais rien n'aboutit. Et l'heure du départ arrive avec le jour, sans qu'aucune décision pratique n'ait été prise.

Oh! si l'on avait été en plaine, les choses se seraient bien passées autrement.

Quelque forte que soit la pluie, on trouve toujours moyen d'allumer du feu. Les hommes prennent du thym et le font sécher, sous leurs habits, par la chaleur de leur corps.

Abritant ensuite ce combustible avec une toile de tente ou une capote, ils y mettent le feu, et réussissent ainsi à faire la soupe ou le café.

Mais nous sommes en lieux habités. Aucune plante de la sorte n'existe aux environs. Et le bois ne sèche pas aussi vite que le thym.

Enfin, il fallut renoncer à boire le café ce jour-là.

A cinq heures, nous nous mettions péniblement en route.