Un matelot me vendit le privilège de coucher dans son hamac noir et crasseux. J'étais tout près des machines, ce qui, cependant, valait mieux que de rester sur le pont, au grand air, pendant trois jours.

La suie me barbouillait le visage, le bruit m'empêchait de dormir, mais je n'étais pas trop malheureux, allons!

Le matin, quand je montais sur la dunette, je ne me réjouissais pas de ma face noire, et une migraine aiguë me donnait une certaine préoccupation.

Nous accostons à Oran.

Un caporal russe me reçoit au quai, un caporal italien m'installe au fort.

J'y reste quatre jours, puis nous voilà en route. Quatre étapes, nous toucherons au port.

Marcher militairement équipé est très-fatigant, mais en pékin, cela dépasse l'imagination. Les chaussures sont serrées généralement, et les pieds, les pieds, le soir, à l'étape!

Nous entrons à Bel-Abbès.

A l'arrivée au quartier, un reste d'élégance de costume, faisant tache sur l'ensemble du groupe des conscrits, attire l'attention sur ma personne.

Apprenant qui j'étais, on m'invite à dîner. Les sous-officiers faisaient l'honneur de la fête. Arès le repas, on propose d'aller prendre le café en ville.