Je m'habille avec soin et j'arrive, tremblant, devant le redoutable fonctionnaire.

L'adjudant est la terreur du quartier. Il y gouverne en souverain, et malheur aux fauteurs de la discipline.

Il m'interroge sur ma sortie, j'avoue mon crime et il me fourre à la salle de police.

Tous savent ou ne savent pas ce que peut bien être une salle de police.
Il y a des variantes, mais voici la moyenne:

Une grande chambre, percée de petites lucarnes masquées. Une lumière sombre y règne le jour; la plus parfaite obscurité, la nuit.

Comme ameublement, sur toute la longueur, un simple lit de camp, séjour incontesté et incontestable de millions de punaises. Jour et nuit, ces intéressantes petites bêtes enseignent aux pénitents l'étude de la patience et l'emploi des dix doigts dans l'art de se gratter.

Dans un coin, pour les nécessités urgentes, se dresse un tambour, d'où s'exhalent d'âcre parfums.

Une cruche d'eau, des rats, un balai, des cafards, des puces complètent l'ameublement.

Une quinzaine d'hommes grouillent constamment dans ce séjour de pénitence.

En entrant, un choc violent me coupe net le sifflet. Ça ne sentait pas bon du tout. Insensiblement, les voies respiratoires se soumettent, et je m'habitue à cet oxygène extravagant.