Tâtonnant, je parviens à me loger dans un coin, non sans avoir, au préalable, soulevé quantités de jurons expressifs.

On voulut voir le nouveau camarade. Un curieux allume une bougie, et… Péché! Miséricorde! Quel orage! Quelle tempête! Jamais je n'avais été à pareille noce!

Gibus! Tuyau! Bolivar! Chapeau! Canne! Enlevez-le!… Des faces narquoises s'épanouissent dans un rire effrayant, des crampes envahissent les ventres, des suffocations précipitées tordent les flancs. Je suais comme un arrosoir.

Je me regarde.

Ma dextre, gantée proprement, tenait le stick pschutteux, ma redingote, irréprochable, était correctement croisée sur ma poitrine. Droit et rigide dans un coin, un chapeau haute forme élégamment assis sur le sinciput, je devais faire une de ces têtes…

J'étais victime de l'émotion qui m'avait bêtement empêché de laisser dans la chambre tout cet attirail élégant, probablement plus convenable sur le boulevard que dans une salle de police.

Je sentais une sourde colère s'emparer de moi. Tas de morveux! va! si je daignais seulement faire jouer mes biceps, la scène changerait.

Mais j'eus la bonne idée de réfléchir,—la réflexion, c'est mon fort,—et je me mis à rire aux éclats, avec un entrain tel que c'en était un bouquet de fleurs.

On fut interdit, j'explique ma situation, on a pitié de moi et l'on me fait une place sur le lit de camp.

Mais là, sans blagues, ma position me paraissait alors pleine d'intérêt. Quoi, ma bonne volonté? méconnue. Mon ardent patriotisme? vain mot. Me fourrer aussi carrément en prison… Je tenais une légère attaque de découragement.