Perspective:—premier plan: dos arrondi, casquette incroyable du cocher; second plan: cahots, ornières, montées, descentes.
Nous partons.
J'ai bien réussi. Au lieu d'attendre six jours, je partais le deuxième.
Sans apparat, il est vrai, mais je partais enfin.
Tout est là dans la vie. La fin, la fin, au diable les moyens!
Eh! mon Dieu! si! c'est comme ça dans les grandes affaires du monde.
On a trouvé autrefois qu'il fallait un bateau pour se rendre d'Europe en Amérique. Depuis cette inquiétante découverte, on se sert d'un bateau pour traverser l'Océan. Les uns prennent un sabre pour arriver à la gloire, les autres, une plume, et moi, j'ai pris une croisée de patache pour arriver au bonheur; et j'ai bien fait.
Avec une goutte de philosophie, les mauvaises choses nous paraissent plus mauvaises encore, partant, ma croisée me semblait détestable.
Consolation suprême cependant, j'avais le cocher.
Ce brave garçon était un chef-d'oeuvre; ceci soit dit sans trop d'efforts.
Si chacun apportait dans ses plans l'attention et les connaissances que ce cocher déployait pour conduire sa voiture jusqu'à destination, ce chacun deviendrait certainement un grand homme.