Ou bien, après une longue journée de route, quand les jambes ont à peine la force de traîner le corps, tout est oublié, soif, maladie, fatigues, etc., enfin tout, si l'ennemi est signalé.

Le troupier, quelque fourbu qu'il soit, reprend vigueur au moment du combat et se bat douze heures sans boire ni manger.

Le sac est complètement dans l'ombre pendant ce temps. On n'y pense pas.

J'ai aussi remarqué que l'homme se remonte comme une horloge.

La veille au soir, on annonce, pour le lendemain une étape de quarante kilomètres. Tout de suite, le soldat se stimule pour les quarante kilomètres en question.

Gare le sac, si, par malheur, le hasard veuille que l'étape soit plus longue que celle annoncée! Pendant les dernier kilomètres non prévus, il règne en maître et éreinte le malheureux soldat, qui se dit, en perdant courage, qu'on l'a indignement trompé.

La morale de ceci est que l'on doit toujours un peu exagérer la distance à parcourir le lendemain.

Quelle joie quand le soldat s'aperçoit qu'il est à destination avant le moment fixé dans son imagination, le sac ne s'étant pas fait sentir!

Tout ceci prouve que le sac n'est pas une petite affaire.

Actuellement assis en face de lui, dans ma tente, je ne puis lire dans sa physionomie rien qui fasse penser aux drames dont il est souvent la cause.