Les qualités du mien pourraient être discutées, et je n'ose lui attribuer plus que son dû réel. Il appartient à la bonne moyenne et ne loge pas bien loin de l'ouverture de ma tente.
Laissons, chers lecteurs, ce gobelet militaire recevoir la douce chaleur du soleil qui le chauffe, et continuons notre voyage.
Vers le sud, nous rencontrons nos guêtres. Elles vont faire le sujet d'un chapitre palpitant. Allons-y.
XIV
LES GUÊTRES
Mais là, vrai, les deux mains sur la conscience, il est très-difficile de raconter les guêtres.
L'inspiration manque. On a beau se palper, se sonder, se percer à jour, on reste à sec en face de ces humbles chaperons de nos jambes militaires: absolument zéro.
Elles possèdent bien chacune quatorze boutons qui accidentent leur blanche monotonie, mais il est si facile d'être inspiré par autre chose!
Et encore, leur utilité en route n'est certainement contestée par personne, et je suis le premier à leur rendre justice.
Il est vrai aussi de croire qu'à trois heures du matin, par un temps froid et humide, quelques difficultés se présentent bien pour chausser les guêtres, au moment d'un départ précipité.