Un brusque mouvement d'Ulric, des embrassées fiévreuses et multipliées de sa part, un léger clapotis, un son mat à l'autre extrémité de la pirogue, m'apprennent bientôt qu'une pièce est enlevée.
Est-elle grosse?—Ah! très-belle!
Je suis jaloux: ça mord, je tire brusquement ma ligne, j'en attrape une grosse et je suis consolé.
Et pendant dix ans, cela dura…
Allons! allons! courons vite à la rivière, dis-je énergiquement au caporal. Il me faut tout de suite me livrer au sain plaisir de la pêche.
Le caporal sourit, se retire respectueusement et revient quelques instants après, avec une quantité respectable de roseaux de tous genres, armés de ficelles de différentes longueurs.
Nous voilà en route.
Je guigne le bout des ficelles, et je n'y vois pas d'hameçons. Sur ma demande d'explications, le caporal répond que tout va bien, et que sa musette contient ce qui est nécessaire.
Nous sommes sur la berge de la Mékerra.
Choisissant un emplacement convenable, je m'y installe. L'eau, de couleur sombre, m'annonce une profondeur suffisante.