Si bien que le papa finit par être intrigué du personnage phénoménal introduit chaque soir chez lui par son fils.
D'intrigué qu'il était, le bonhomme devint peu à peu hargneux, et, finalement devant les insistances de mon camarade, priant son père de ne pas me parler, la haine du vieillard ne connut plus de bornes.
La maman, contrairement à son mari, nourrissait pour moi un amour qui frisait l'adoration.
Elle ne tarissait pas d'éloges à mon adresse, chaque fois que, rougissant, j'avais l'honneur très-rare de lui parler.
Le papa attendait depuis longtemps une occasion favorable de faire éclater sur ma tête une tempête terrible.
Inconscient du malheur qui me menaçait, je continuais toujours mes visites, les entourant de plus en plus d'une discrétion dont l'excès faisait écumer le père de mon ami.
Le Bazar de la maîtrise Saint-Pierre fut l'étincelle qui mit le feu aux poudres.
Il avait entendu, pendant la journée, entre P… et moi, que nous irions le soir au Bazar.
A sept heures, j'étais dans le corridor, chez lui. Il rendait compte de sa sortie.
Des cris, des hurlements, des bruits de vaisselle cassée, des pleurs de femme, et de jeune fille, des jurons, enfin toute une gerbe de sons variés m'arrivent tout à coup.