La séance fut close par des jeux de société.

Trois fois j'eus le bonnet d'âne, et toujours par la faute d'Angèle, qui se faisait un malin plaisir de lutter avec ma maudite timidité.

Enfin, tout le monde est parti. Chacun regagne ses appartements, et moi, mon grenier.

J'étais dans le corridor, sans lumière.

J'entends un bruit de pas discrets; deux bras me frôlent doucement, tâtonnent quelque peu et m'empoignent avec ardeur.

Une bouche suave se colle sur mes lèvres, une poitrine bien remplie s'appuie sur mon sein.

Quel coup de foudre!

Une commotion électrique me secoue les nerfs, et, avant d'avoir repris mon aplomb, tout s'était évanoui.

Titubant, je me traîne jusqu'à mon lit, cherchant à analyser la situation.

Non, c'est impossible. Angèle n'a pas fait cela! J'ai eu un cauchemar, un charmant, il est vrai; mais enfin, j'ai halluciné!