J'étais ramené à la réalité par une brutale injonction, qui n'avait rien de cosmographique.

Toujours ce maudit patron. C'était à n'y plus tenir.

Les projets les plus fantastiques envahissaient mon esprit.

Tout ce que les amoureux les plus convaincus de l'antiquité et de nos jours on pu inventer était bien pâle, comparé à mes châteaux espagnols…

Jusqu'à cette époque, mes amours avec Angèle s'étaient concentrés dans une pudique série de soupirs, d'oeillades accompagnées de sourires bien modestes.

Un soir, il y avait beaucoup de monde au salon.

Toute l'aristocratie de l'endroit y était: l'hôtelier, l'ébéniste, un marchand de boeufs, le scieur de long, enfin, toute la fine fleur.

Ces messieurs accompagnaient une confortable fournée féminine.

Malgré l'infériorité de ma position sociale, on eut pitié de moi, et j'eus l'insigne honneur d'occuper un coin au salon.

La soirée se passa en délicates causeries sur les diverses occupations professionnelles des invités.