Suffit de dire que mon Angèle joua de l'orgue, et que le soir, par un beau clair de lune, nous étions tous deux installés dans le traîneau.

Je conduisais sans conviction. Malgré le froid intense, je jouissais d'une chaleur équatoriale.

Je ramenais souvent les peaux de buffle autour des épaules de ma compagne.

Pendant une de ces opérations, que j'exécutais en tremblant, un mouvement maladroit me fit toucher la toque de fourrure d'Angèle.

Je me crus mort, et ne revins à moi qu'interpellé par ma voisine, qui déclarait, en riant vouloir être indemnisée par un baiser.

Jérusalem! c'était donc réel, la rencontre du corridor!

Je perdis tout respect et pris mon premier baiser.

Les étoiles ne sont rien, comparées au nombre d'embrassades qui furent prises et données pendant le reste du trajet.

Tout ce qu'une femme aimée et qui aime peut faire fut fait par Angèle pour me forcer à pousser plus loin mes explorations.

Mais j'ignorais ses agaceries, et me contentais d'améliorer ma première expérience.