Un autre dock a été construit: le dock international, qui est encore plus considérable que les précédents.
Il n'est pas de port en Extrême-Orient qui possède des quais comparables à ceux de Changhai; ils s'étendent sur plus d'un kilomètre dans la concession américaine, à l'entrée du port, et tous les navires peuvent y accoster à quai.
La concession anglaise n'a pas de quai de marchandises, mais ici les bords de la rivière sont revêtus d'un vert gazon, et plantés d'arbres qui forment une fort jolie promenade depuis le pont du Yang-Kin pang (concession française) jusqu'au pont du canal de Sou-Tcheou où se trouvent les jardins publics.
Entre autres industries florissantes à Changhai on peut compter les filatures de coton. Cinq sociétés à capitaux européens se sont formées à cet effet:
«E wo» dirigée par MM. Jardine Matheson and Cº;
«The international» sous les auspices de The American trading Cº;
«Lao Kung mow» à la tête de laquelle se trouvent MM. Ilbert and Cº;
«Souy chee» dont les directeurs sont MM. Arnhold Karberg and Cº;
«Yah loong» dirigée par MM. Fearon Daniel and Cº.
Ces différentes sociétés possèdent chacune de 40.000 à 50.000 broches; les résultats cependant n'ont pas toujours donné ce qu'on espérait; ainsi la filature appartenant à la société Fearon Daniel and Cº a dû être fermée temporairement en 1901; cependant 1906 fut une bonne année pour toutes les filatures dirigées par les Européens. En dehors de ces dernières il existe aussi des filatures indigènes, sur le modèle d'Europe, mais tout à fait entre les mains des Chinois. Le vice-roi Li-Hong-chang avait fondé en 1893 puis reconstruit en 1895 la «Shanghai cotton cloth administration», l'une des plus grandes manufactures de coton de Changhai. Après le coton, la soie; c'est ainsi que Changhai possède aujourd'hui 25 filatures de soie; mais cinq d'entre elles seulement sont dans les mains des Européens, toutes les autres étant dirigées par des Chinois.