La seule voie ferrée de la province, en dehors de la grande ligne de Hankeou à Pékin, est une petite ligne industrielle de 25 kilomètres environ reliant les mines du Tié-Chan au Yangtseu. Elle n'est, du reste, pas ouverte aux voyageurs ni aux marchandises.
Les lignes projetées sont donc actuellement: le chemin de fer de Hankeou à Canton qui, dans la province, suivra la rive droite du fleuve de Wou-Tchang à Yo-Tcheou; et le chemin de fer du Sseu-Tchuen qui partira de Hanyang et passera par Cha-Yang, King-Meun et Itchang; à partir d'Itchang, son itinéraire doit suivre la rive gauche du Yangtseu et aboutir à Kouei-Fou. Cette ligne aura deux embranchements: l'une de Cha-Yang à Cha-Che; l'autre de King-Meun à Siang-Yang-Fou.
Mais la réalisation de ces deux projets est sans doute encore loin de nous; aucun n'a reçu un commencement d'exécution, les Chinois prétendant établir avec leurs propres ressources ces deux voies ferrées dont la construction est difficile et coûteuse.
VII.—Au milieu de la concurrence que se font entre elles les puissances européennes en Chine, est apparu depuis longtemps déjà, mais s'est affirmé surtout après la guerre sino-japonaise et la guerre russo-japonaise, un adversaire qui devient redoutable sur le marché chinois, c'est le Japon. Ce nouveau venu désire prendre sa part et il y montre une énergie et une persévérance rares.
Le nombre est incalculable des articles importés notamment dans les ports du Yangtseu. Kieou-Kiang et Hankeou en sont inondés et ces articles, se vendant à des prix excessivement peu élevés (ce que recherche avant tout le Chinois), sont choisis de préférence aux objets similaires d'Europe. L'explication de ceci, au reste, est fort simple: le Japon est à quelques heures de Changhai; il a à son service une compagnie de navigation qui dessert directement les ports du Yangtseu en venant en ligne droite du Japon; par suite ses objets de trafic payent peu de transport; en outre la main-d'œuvre au Japon est bien moins élevée qu'en Europe; enfin le fabricant et le commerçant japonais se contentent d'un bénéfice infiniment moindre que celui que recherche un Européen qui tient à faire fortune rapidement et dont la moyenne de dépenses est dix fois supérieure à celle d'un Japonais[14].
[14] Voir L'Empire japonais, par J. Dautremer, page 190, IX.
Voici les différents articles japonais importés avec succès dans l'Empire du Milieu:
Cotonnades de toutes sortes et de toutes couleurs;
Lampes à pétrole;
Verres de lampes et mèches;