Toutes les puissances ont souffert de cette diminution dans les importations, sauf les États-Unis et la Russie.

Les États-Unis, en effet, ont été peut-être un peu éprouvés dans leur importation de cotonnades, mais par contre leur pétrole a largement compensé les déficits constatés dans les farines, les bois et les autres articles. La Russie a aussi augmenté son chiffre d'importation, mais par le nord.

Les importations directes ne passant pas par Changhai comme port distributeur deviennent tous les ans plus considérables, et Hankeou est l'un des ports qui en profite le plus. Cependant il y aura forcément un arrêt dans cette façon d'opérer; car ce sont les bateaux japonais seuls qui font du Japon l'importation directe à Hankeou; ce sont des bateaux de petit tonnage, qui n'ont pas à effectuer une longue traversée maritime; mais les grands paquebots européens ou américains ne pourraient pas venir directement à Hankeou, sauf pendant deux ou trois mois d'été, aux hautes eaux.

Aux exportations, le thé a donné beaucoup: les États-Unis et la Russie ont absorbé la totalité ou à peu près; car la quantité exportée en Angleterre diminue tous les ans, et les autres pays d'Europe n'ont pris que 119.600 piculs tous ensemble. La Grande-Bretagne tire plus de 2.000.000 de piculs de l'Inde, de Ceylan et d'Assam, et 66.000 piculs seulement de Chine.

Il est probable, d'ailleurs, que rien n'enrayera le mouvement qui amène peu à peu l'Angleterre à renoncer au thé de Chine. Les planteurs de l'Inde et de Ceylan font tous leurs efforts pour garder leur position acquise et la fortifier encore, et il est probable qu'ils y arriveront; car les Anglais aujourd'hui préfèrent de beaucoup ce thé «national» au thé de Chine. Toutefois le thé de Chine peut encore voir de beaux jours si les Chinois se décident à le traiter convenablement et conformément aux procédés modernes; car en dehors de la Russie, qui est toujours son gros débouché, le thé de Chine peut se vendre dans tous les autres pays où il est de plus en plus à la mode, et où la consommation augmente.

Dans le premier trimestre, le prix des soies a considérablement baissé, mais les prix se sont relevés vers la fin de l'année, et les stocks se sont bien vendus.

Les haricots et les gâteaux de haricots, qui jusqu'à présent étaient une spécialité des ports de Mandchourie, commencent à s'exporter de Hankeou; l'Angleterre en a pris pour 500.000 piculs, destinés à faire de l'huile.

Le sésame donne une augmentation sérieuse à l'exportation: 1.792.432 piculs valant 9.138.129 taels contre 734.712 piculs valant 3.670.810 taels en 1907. L'immense saut fait par cet article, dont la vente est concentrée à Hankeou, est attribué au chemin de fer de Hankeou à Pékin qui draine les districts producteurs de sésame au Honan.

Quant à l'étain du Yunnan, il passe toujours par Mong-Tseu et le Tonkin, pour se diriger sur Hong-Kong. En 1908 Mong-Tseu en a exporté 18.335 piculs de plus qu'en 1907.

La seule remarque à faire au point de vue de la navigation est l'augmentation, réalisée par le pavillon français, de 360.000 tonnes, principalement dans les ports du Yangtseu.