En outre, trois banques japonaises : la Dai itchi Ginkô, dont le bureau central est à Tokio, la Dai Ju hachi Ginkô, à Nagasaki, et la Dai go ju hachi Ginkô à Osaka, sont également établies en Corée.

IV. — Les Japonais n’avaient pas attendu le protectorat de leur pays sur la Corée pour s’installer dans le Sud de la péninsule, autour de Fusan. Dès le premier traité, en 1876, une émigration japonaise assez considérable s’était dirigée vers ce port et de fait, Fusan ressemblait étrangement au bout de quelques années à une ville japonaise. Aujourd’hui, beaucoup des sujets du Mikado ont entrepris le fermage et l’élevage en grand dans les provinces de Kyung San et Chulla ; au lieu de se contenter des petits jardins maraîchers qui leur suffisaient autrefois, les colons japonais se sont mis à acquérir de vastes domaines, même assez loin dans l’intérieur du pays.

En dehors de la ferme, et de la culture, l’industrie de la soie réussit fort bien en Corée. Le climat y est sec et la pluie n’y est pas trop abondante. Le seul danger, ce sont les vers parasites qui sont terribles, au point de causer une perte considérable (au Japon cette perte n’est quelquefois pas moindre de quinze millions de yen par an). Cependant, malgré les inconvénients, et malgré aussi l’inhabileté des éleveurs coréens, le cocon paye bien ; à plus forte raison payera-t-il davantage quand les sériciculteurs japonais auront introduit les méthodes rationnelles ; déjà une association de dames japonaises et coréennes a établi un centre d’élevage à Seoul et réussit fort bien.

La culture expérimentale du coton, qui a été tentée en 1905 par quelques Japonais éminents, dont plusieurs membres du Gouvernement et de la Chambre des représentants, a donné, au bout de trois années, des résultats fort satisfaisants. Des expériences ont été faites à Mokpo, Chi Nam Po, Yong Sam Po, Laju, Konju et Kun San ; deux variétés ont été plantées, le coton indigène et le coton américain ; le premier a donné des produits supérieurs. On estime actuellement la superficie plantée en coton à 120.000 hectares, et on croit que, lorsque tout le terrain susceptible de recevoir du coton sera mis en valeur, on arrivera pour la Corée à un rendement de 100.000.000 de livres japonaises (Kin = 600 grammes). En supposant la consommation individuelle de deux livres par tête, le total pour 14.000.000 de Coréens serait de 30.000.000 de livres en moyenne, laissant un stock de 70.000.000 de livres à exporter.

Les mines, sauf les mines d’or alluvionnaires du Nord de la péninsule, ne sont pas encore exploitées rationnellement ; quant aux pêcheries elles sont entièrement aux mains des Japonais.

Une Compagnie s’est formée en 1908 dans le but d’exploiter les richesses de la Corée ; elle est au capital de 10.000.000 de yen, divisés en 200.000 obligations de 50 yen ; le Gouvernement coréen en a pris 60.000 en considération de la cession faite par lui d’une certaine superficie de terrain et le reste a été souscrit par les Japonais. La Compagnie doit aider les colons japonais aussi bien que les Coréens eux-mêmes ; son privilège est valable pour cent ans, renouvelable avec l’assentiment des deux Gouvernements japonais et coréen.

V. — Les industries indigènes sont tout à fait primitives, et les quelques industries de luxe qui florissaient autrefois sont depuis longtemps dans le plus profond déclin. Cependant on peut encore trouver quelques productions dignes d’être remarquées ; ainsi les papiers, les peaux et les cuirs, le tabac, le vin de riz. Les Coréens sont très adroits et leurs nattes sont du bon faiseur ; tout ce qui se tresse est habilement fait en Corée. D’après les recherches qui ont été poursuivies pour savoir quelles sortes d’industries réussiraient en Corée, il a été admis généralement que les cuirs, le papier, la peausserie, les nattes, les produits chimiques iodés pouvaient avoir un grand avenir. Les nattes, notamment celles des provinces de Hwanghai et de Kyongki, sont très appréciées et elles ont une réputation bien établie. On avait pensé aussi à encourager l’élevage du bétail dans le Nord de la péninsule, en vue d’y créer une industrie de conserves de viande de bœuf ; mais il est permis de douter que cette industrie, si toutefois elle s’installe jamais en Corée, fasse une concurrence sérieuse au compressed, cooked, corned beef de Chicago !

Les côtes de Corée fournissent constamment une abondante récolte de varech et autres plantes marines, et il est hors de doute que l’on peut en extraire une quantité de produits iodés.

Quant aux minéraux, l’or, le cuivre, le charbon, le graphite y seraient abondants. Les dépôts les plus importants de houille se trouvent sur les rives du fleuve Tadong Kang (en chinois Ta Tong Kiang) ; les veines seraient très fournies et auraient une épaisseur de 8 à 10 mètres suivant les endroits ; on estime le rendement possible à des dizaines de millions de tonnes ; la qualité du charbon serait celle de Karatsu (Kiushiu).

L’or donne environ une production annuelle de 4.000.000 de yen ; le cuivre est également extrait en quantité considérable.