II. — Par une convention conclue en août 1904, la Corée s’est engagée à faire des réformes dans son administration ; puis en 1905 une autre convention régla, d’une façon effective, le protectorat japonais en établissant la Résidence générale, les résidences des provinces et en nommant le prince Ito[19] Résident général du Japon en Corée.
[19] Il vient d’être assassiné à Kharbin, sur territoire russe, par un Coréen.
Le Résident général relève directement de l’Empereur du Japon ; en ce qui concerne les affaires extérieures, il communique directement avec le ministre des Affaires Étrangères et le Président du Conseil qui soumettent des vues à l’Empereur. Les consulats étrangers en Corée reçoivent l’exéquatur du Gouvernement japonais.
C’est le Résident général qui propose les réformes à exécuter, les travaux à entreprendre, enfin c’est lui qui tient en main tous les fils de l’administration coréenne. Des résidents japonais sont établis dans toutes les capitales des provinces.
III. — La première chose à faire était de mettre de l’ordre dans les finances de ce pays à peu près ruiné, ou tout au moins dans un état de désordre financier complet. La diminution des produits de toutes sortes, l’absence de budget fixe, les impôts très lourds et prélevés avec une maladresse et une violence excessives, avaient appauvri la nation coréenne. A la suite d’une convention conclue en 1907, des agents japonais furent nommés à des postes officiels dans l’administration coréenne afin de travailler, de concert avec les fonctionnaires coréens, à la bonne administration des finances. Un budget régulier fut établi pour la première fois en 1905 ; il donna comme recettes une somme de 7.480.287 yen, et comme dépenses celle de 9.556.836 yen. Le dernier budget, celui de 1909-1910, prévoit 21.434.723 yen de recettes contre 22.268.255 yen de dépenses.
Le système d’impôts, pratiqué en Corée depuis plusieurs siècles, est très imparfait ; à défaut d’une base sérieuse de recouvrement des taxes, le Gouvernement se trouvait dans l’impossibilité de percevoir la totalité du montant prévu, et d’autre part, les fonctionnaires, individuellement chargés de la perception de l’impôt, avaient constamment recours aux extorsions les plus injustes ; non seulement ils se laissaient corrompre, mais ils levaient à leur profit des taxes supplémentaires illégales. Dans de telles conditions, la population ne pouvait que s’appauvrir. Il était donc indispensable de commencer immédiatement la réforme sur ce point, d’établir avec justice un nouveau système de perception des impôts, et de placer les finances de l’État sur des bases tout à fait solides.
Les résultats donnés par le recouvrement des impôts pendant le dernier exercice se répartissent ainsi :
| Impôt foncier | 5.628.575 | yen. |
| — sur les maisons | 357.884 | — |
| — sur les produits marins | 7.584 | — |
| — sur le sel | 8.958 | — |
| — sur les mines | 34.601 | — |
| Droits de douanes | 3.179.838 | — |
| Droits de tonnage | 91.951 | — |
| Taxe des bateaux | 6.649 | — |
| — des boucheries | 28.074 | — |
| — des prêteurs sur gages | 503 | — |
| — du ginseng | 621 | — |
| Arriéré des impôts du précédent exercice | 163.166 | — |
| Autres impôts | 13.183 | — |
| ———— | ||
| Total. | 9.521.587 | yen. |
Le système monétaire coréen est devenu, en tous points, semblable au système japonais, et la réforme, faite avec beaucoup d’à propos, sans supprimer brusquement toute monnaie coréenne, a excellemment réussi. Autrefois, et jusqu’à ces dernières années, il n’existait pas de banques à proprement parler ; la réforme des finances a, naturellement, nécessité l’établissement d’organes financiers régulièrement constitués.
Les règlements pour l’organisation et le contrôle des banques, furent promulgués en 1906, et une banque coréenne fut installée à cette époque. Actuellement trois banques coréennes fonctionnent : Kanjô Ginkô, Ten itchi Ginkô, Kan itchi Ginkô, avec leur siège à Seoul et des succursales à Su Won, Ton Maku, Ma Po, Nam Tai Mun ; d’autres banques, destinées à aider l’agriculture et l’industrie, ont été établies dans plusieurs villes : à Seoul, Chung Chu, Kai jyou, Kong Chu, Kan Gyon, Chung Jyu, Kai Syong, Syang Chu, Shin Chu, Masampo, Yong Pyen, Chinampo, Hai Chu, Poku Chon, Sari Nan, Nam Noa, Choi Chu Do, Pol Kyo Po, Yong Sam Po, Ham Heung, Ryong-Song, Hoi Ryong, Chong Jin.