Aujourd’hui, après la révision des traités (signés pour la France en 1896), tous les étrangers résidant au Japon sont soumis aux lois et règlements japonais. Ils peuvent, il est vrai, voyager sans passeport dans tout l’intérieur du pays, mais leurs consuls ne peuvent rien pour eux ; ils sont entièrement soumis à la juridiction japonaise. Aussi, lors de l’application des nouveaux traités, beaucoup de vieux résidents européens ont-ils quitté le Japon. Actuellement (au 31 décembre 1906, dernière statistique), il y a au Japon un total de 19.129 étrangers dont 13.000 Chinois et autres asiatiques. Les étrangers vivent dans les îles du Soleil Levant sur le même pied que les Japonais, mais ils n’ont pas le droit de posséder le sol ; ils n’ont droit qu’à des baux emphytéotiques de 99 ans.

Le traité franco-japonais, signé à Paris le 4 août 1896, et qui est entré en vigueur quatre ans après, c’est-à-dire en 1899, garantit aux Français « constante protection pour leurs personnes et leurs propriétés » ; leur donne la faculté de « voyager, résider, et se livrer à l’exercice de leur profession ; acquérir, posséder, et transmettre par succession des biens, valeurs et effets mobiliers de toute sorte » ; leur garantit libre et facile accès auprès des tribunaux de justice ; leur permet de jouir d’une entière liberté de conscience.

En ce qui concerne l’agriculture et le droit de propriété sur les biens immobiliers, il est entendu que les Français jouiront au Japon des mêmes avantages que les sujets de la nation la plus favorisée. Pour le moment cette clause est lettre morte, aucun Européen ne pouvant posséder la terre dans l’Empire du Mikado. La terre est, en effet, supposée appartenir entièrement à l’Empereur et il ne peut l’aliéner. Il ne peut que la prêter.

CHAPITRE III

I. Provinces et districts. — II. Les trois « Shi ». — III. Les quarante-cinq « Kens ». — IV. Administration méticuleuse. — V. Ports principaux.

I. — Au point de vue politique le Japon, jusqu’à l’ère de Mei ji (1868), époque de la restauration impériale, était divisé en provinces (Kuni) au nombre de 86, disposées en neuf groupes : 1o les provinces impériales (Go kinai), au nombre de 5 ; 2o les huit grandes divisions (dô). Ces dernières divisions étaient :

Hokurokudô, Sanindô et Hokkaidô, au Nord ;

Tôkaidô et Tôsandô, à l’Est ;

Sanyôdô et Nankaidô, au Sud ;

Saikaidô, à l’Ouest.