| 289.018.836 | lettres ; |
| 677.189.063 | cartes postales ; |
| 175.566.958 | journaux et brochures ; |
| 14.914.868 | livres ; |
| 8.235.025 | documents, épreuves, etc. ; |
| 4.863.018 | échantillons et semences ; |
| 61.344.088 | objets en franchise ; |
| 15.115.872 | colis postaux. |
Pendant la même période 1906-1907, il a été délivré 13.704.148 mandats locaux, et 12.911 mandats internationaux ; il a été expédié 23.498.234 télégrammes intérieurs et 644.434 télégrammes internationaux.
Le téléphone possède environ 37.000 abonnés. C’est ce dernier service qui est le moins développé ; mais quand on considère l’état, pour ainsi dire embryonnaire, du téléphone en France, on ne saurait critiquer le Japon de son retard en ce genre de correspondance.
VI. — Il est de bon ton, dans le monde qui se pique de connaissances étendues, et qui, en général, d’ailleurs, sait peu de choses, de raconter que le Japon ne connaît pas d’illettrés ; c’est le même public, du reste, qui, après 1870, disait que le maître d’école prussien nous avait battus ! Ces derniers temps la presse a vanté les instituteurs japonais, leurs méthodes, etc. Eh bien, il faut en rabattre de toutes ces idées surfaites, sorties, on ne sait comment, de cerveaux peu ou mal renseignés. Il existait, au recensement de 1908, en chiffres ronds, 55.000 conscrits sachant à peine lire et écrire et 30.000 ne sachant ni lire ni écrire. Et c’est le Japon central, la partie centrale ou Honshu, qui en fournit la plus grande partie. Voilà la vérité. Il ne s’ensuit pas que le Japon néglige l’instruction publique, loin de là ; il est bien évident qu’il y a quinze ans, la proportion des illettrés était bien plus considérable qu’elle ne l’est actuellement, et le gouvernement du Mikado a fait largement le nécessaire pour arriver à donner l’instruction primaire à tous les Japonais. Aujourd’hui chaque village a son école.
Au point de vue instruction supérieure, le Japon possède deux Universités, l’une à Tokio, l’autre à Kioto. On y enseigne, comme dans toute Université européenne, les lettres, les sciences et les arts. Ce sont des Européens qui, les premiers, ont instruit les Japonais dans les diverses branches de la science humaine : les Allemands dans la médecine ; les Français dans le droit civil et criminel ; les Allemands dans le droit commercial ; les Anglais et les Américains dans les sciences mathématiques, physiques, etc.
Aujourd’hui tout l’enseignement est passé dans les mains des indigènes ; il y a bien encore quelques Européens çà et là, mais c’est surtout comme conseillers en cas de difficultés.
Écoles normales supérieures, à Tokio, à Hiroshima ; écoles de commerce à Tokio, Kobé, Nagasaki ; écoles des arts et métiers à Kioto, Osaka, Nagoya et Kumamoto ; école des langues étrangères à Tokio, employant douze professeurs étrangers ; école des beaux-arts à Tokio ; école d’aveugles et de sourds-muets à Tokio ; et enfin des écoles supérieures appelées kôtogakkô et correspondant à nos lycées.
Toutes ces écoles sont entretenues par l’État ; mais, en dehors de lui, il existe bon nombre d’écoles privées ou sont enseignés : le droit, la politique, l’administration. L’enseignement est libre sous l’inspection du gouvernement. C’est ainsi que trois écoles françaises, dirigées par les frères Marianites, sont en pleine prospérité : à Tokio, ils ont 1.500 élèves, à Yokohama et à Nagasaki, 500 ; les Japonais apprécient beaucoup leur zèle, et les hauts personnages ne craignent pas d’envoyer leurs fils chez eux. Les Jésuites doivent même installer prochainement à Tokio une université avec l’autorisation du gouvernement mikadonal.
La femme japonaise, appartenant au milieu aristocratique ou de riche bourgeoisie, commence à faire concurrence au sexe fort dans les écoles et à profiter largement des établissements scientifiques et artistiques mis à sa disposition.
De nombreux musées, jardins botaniques, écoles d’apiculture, etc., viennent compléter l’instruction théorique. Un très beau musée commercial, notamment, a été installé à Tokio et à Osaka. Des sociétés multiples se sont fondées : société de géographie, société des antiquités japonaises, société des industries maritimes, société d’agriculture, etc. ; il serait trop long de les énumérer toutes, qu’il suffise de dire que les sociétés sont aussi nombreuses au Japon qu’en Europe, peut-être davantage. Les Japonais forment des sociétés à propos de tout et de rien.