Maidzuru, province de Tango, sur la mer intérieure.
Le budget de 1907-1908 comprenait des crédits s’étendant sur la période 1907 à 1913-1914, destinés à couvrir le reliquat des dépenses de guerre et s’élevant à 437.500.000 francs ; plus une somme de 191.442.500 francs qui devait, pendant la même période, remplacer les unités de combat qui seraient rayées de la liste de la flotte. Mais on avait compté sans la mauvaise situation financière qui ne permettait pas un tel effort immédiat, et les crédits ci-dessus se sont vus réduits : le premier de 114.528.574 fr. ; le deuxième à 77.945.325 francs.
Les cuirassés Aki et Satsuma sont venus augmenter la flotte de combat d’unités nouvelles ; le Mikasa, qui avait sauté et coulé, a été refondu complètement, et les navires russes pris à Port-Arthur ont été modifiés en les modernisant. De nouveaux croiseurs, Tsukuba et Ikumo, sont également entrés en service ; les constructions neuves ne chôment pas dans les arsenaux qui ont déjà mis à l’eau le Satsuma et l’Aki et sont en mesure de livrer un bâtiment aussi bien que n’importe quel arsenal d’Europe ou d’Amérique.
Actuellement la marine japonaise est la troisième du monde, après l’Angleterre et l’Allemagne ; après elle viennent les États-Unis, et nous, qui, il y a quelques années encore, tenions brillamment le second rang, après l’Angleterre, nous voici relégués au cinquième !
V. — A ce résumé des forces japonaises de terre et de mer, je n’ajouterai qu’une réflexion : Après la guerre du Japon contre la Chine, l’empereur Guillaume II lança son fameux tableau représentant les puissances occidentales serrées les unes contre les autres en face du péril jaune s’avançant à grands pas. Au-dessous il avait inscrit ces mots : « Peuples d’Europe défendez vos biens les plus sacrés. » On a souri, mais qui sait ? L’avenir répondra. Le présent n’a-t-il pas déjà un peu répondu ?
On ne peut nier, en tout cas, que le Japon, en se préparant d’une façon si formidable, ne se conforme bien soigneusement et exactement au si vis pacem, para bellum.
CHAPITRE X
I. Agriculture ; superficie en rizières. — II. Production totale en céréales. — III. Diverses espèces de riz. — IV. Les haricots, le maïs, la patate, les différents légumes. — V. Épices et condiments. — VI. Division de la terre. — VII. Soie et culture du mûrier. — VIII. Culture du thé. — IX. Chevaux et bétail. — X. Fruits. — XI. L’île d’Yezo (Hokkaido) et la colonisation.
I. — Dans l’antiquité, il n’existait au Japon, comme d’ailleurs dans tout pays, que deux classes : les agriculteurs et les soldats ; c’est là, du reste, la base de toute société humaine : se nourrir et se défendre. L’industrie et le commerce ne viennent qu’après.
Aujourd’hui encore le Japon peut être considéré surtout comme un pays agricole : 60 pour 100 de sa population vit de la terre.