Celles qui produisent le plus de soie sont celles de :
| Fukushima | qui en fournissent pour | 4.987.000 | yen. |
| Fukui | — | 21.397.000 | — |
| Kioto | — | 14.629.000 | — |
| Ishikawa | — | 12.082.000 | — |
| Gumma | — | 9.532.000 | — |
| Tokio | — | 5.111.000 | — |
| Niigata | — | 4.854.000 | — |
Les tissus soie et coton sortent principalement des fabriques de :
| Saitama | qui en fournissent pour | 979.000 | yen. |
| Kioto | — | 6.888.000 | — |
| Tochigi | — | 3.563.000 | — |
| Gumma | — | 3.517.000 | — |
| Aichi | — | 1.741.000 | — |
| Gifu | — | 1.118.000 | — |
La toile et le drap ne figurent que pour un chiffre assez faible ; seules, les fabriques de Shiga en fournissent pour 1.399.000 yen (chanvre) et celles de Wakayama pour 1.081.000 yen (laine). Yamanashi ne produit pas de chanvre, mais, en revanche, produit pour 4.330.000 yen de tissus de laine ; c’est le seul district où le tissage de la laine ait pris une certaine importance.
En dix ans, depuis 1896 jusqu’au 31 décembre 1906, voici la valeur de la production des différents tissus, soie, soie et coton, coton, chanvre, laine ; on verra que la progression est constante, sauf pendant les années 1903 et 1904, au moment de la guerre contre la Russie (en yen) :
| Années. | Soie. | Soie et coton. | Coton. | Chanvre. | Laine. |
| 1896 | 46.361.000 | 10.281.000 | 37.053.000 | 1.965.000 | » |
| 1897 | 62.663.000 | 11.727.000 | 42.032.000 | 2.903.000 | » |
| 1898 | 73.045.000 | 16.216.000 | 47.996.000 | 2.967.000 | » |
| 1899 | 84.147.000 | 18.546.000 | 45.577.000 | 3.161.000 | 3.384.000 |
| 1900 | 74.578.000 | 20.275.000 | 57.745.000 | 2.851.000 | 5.034.000 |
| 1901 | 70.061.000 | 12.180.000 | 45.607.000 | 2.775.000 | 5.083.000 |
| 1902 | 60.904.000 | 20.538.000 | 53.030.000 | 2.420.000 | 4.040.000 |
| 1903 | 36.710.000 | 13.459.000 | 45.915.000 | 2.134.000 | 4.280.000 |
| 1904 | 45.503.000 | 9.933.000 | 50.651.000 | 2.044.000 | 6.760.000 |
| 1905 | 60.384.000 | 15.371.000 | 72.844.000 | 3.528.000 | 10.047.000 |
| 1906 | 93.606.000 | 20.253.000 | 86.474.000 | 3.390.000 | 6.630.000 |
V. — L’industrie céramique a passé de 5.063.000 yen en 1897 à 13.385.000 yen en 1906, avec un chiffre d’exportation de 7.942.000 yen, soit 20.252.100 francs ; ces produits, à part quelques pièces remarquables, sont généralement ceux que nous voyons dans les magasins de japonaiseries du monde entier, où l’on vend, à l’amateur qui n’y connaît rien, des Kaga et des Imari de fraîche date comme très anciens et que l’on fait payer très cher. Les principaux centres de cette industrie sont Aichi, Fukushima, Gifu, Ishikawa, Kanagawa, Kioto, Saga, Ehime, Hiogo, Miye, Nagasaki.
Il en est de même pour la production et l’exportation de la laque. On ne fabrique plus aujourd’hui de belles pièces, des pièces uniques comme aux temps anciens, alors que la fabrication et ses secrets étaient la propriété de quelques familles, dont, souvent, un des membres commençait un travail qui était achevé par un autre, parce que ce travail demandait trente ou quarante ans de patience et de labeur. Les échantillons de laque, même ceux de laque d’or, que nous voyons actuellement, sont tout à fait inférieurs ; c’est du travail pour l’exportation. En 1906 il fut exporté pour 1.721.000 yen d’objets laqués sur une production totale de 6.809.000 yen. Ishikawa, Fukushima, Shidzuoka, Wakayama sont les districts où l’on occupe le plus d’ouvriers à ce genre d’industrie.
Les allumettes genre suédois, sans soufre ni phosphore, sont vite devenues une spécialité japonaise. L’Extrême-Orient tout entier, sauf l’Indo-Chine française, est tributaire du Japon pour ce genre de produit. Depuis les Indes, la Birmanie, le Siam, jusqu’à la Chine, la Corée et la Mandchourie, la boîte d’allumettes japonaises se trouve partout, même dans les provinces éloignées de la Chine occidentale, comme le Yunnan et le Kan Sou. Et elles sont d’un bon marché tel, qu’on se demande comment le fabricant y trouve un bénéfice. On ne le comprend que lorsqu’on est au courant des salaires de famine octroyés aux ouvrières japonaises, généralement des fillettes, qui confectionnent les boîtes. Ces dernières sont faites d’une façon très intelligente. Ainsi, celles qui sont exportées en Chine sont revêtues d’une étiquette jaune, sur laquelle un dragon ou un phénix fait des contorsions ; des deux côtés, se trouve le nom de la fabrique en caractères chinois ; souvent, au lieu du dragon, on représente des enfants chinois, des cérémonies chinoises, un personnage chinois célèbre dans les annales. Pour les Indes, la Birmanie et le Siam, il en est de même ; chaque boîte d’allumettes porte une vignette rappelant quelque chose du pays, et toujours le nom de la maison y est inscrit en la langue du pays. Dans notre Indo-Chine on a établi, pour imiter la métropole, un monopole des allumettes ; ainsi on paye à Hanoï deux sous ce qui à Bangkok, Rangoon, Bombay ou Shanghaï se vend un centime. De 24.038.000 grosses en 1897, la production est passée à 54.802.000 grosses en 1906, et de ce nombre il a été exporté 38.618.000 grosses pour une valeur de 10.915.000 yen, soit 27.833.250 francs.