VI. — Une des industries, où les Japonais ont également réussi, est l’industrie du cuir ; ils arrivent à produire, et meilleur marché qu’en Europe, toute espèce de cuirs : sellerie, chaussures, malles, sacs, enfin toute la série des objets en cuir que l’on fabrique en Europe ; mais, ici encore, l’infériorité est palpable, cela n’a rien du solide et du résistant de la facture européenne. C’est comme disent les Allemands, billig aber schlecht : bon marché mais mauvais.

Ce qui offre le plus d’intérêt est le papier-cuir, que les Japonais font en imitation de celui de Cordoue ; dans cet ordre de fabrication, ils ont bien réussi, et l’on peut voir de magnifiques papiers cuirs, ornés de dessins originaux et gracieux sortis des manufactures de l’Insatsukioku (imprimerie et papeterie de l’État). De 2.522.472 yen en 1900 la production du cuir est montée en 1906 à 10.882.984 yen ; cet article est tout entier consommé au Japon et n’est pas exporté. Les principaux centres de production sont : Hiogo, Nara, Osaka, Tokio, Wakayama, mais surtout Osaka et Hiogo ; on se sert des peaux de vaches et de veaux, et aussi des peaux de chevaux ; en 1906 il avait été employé 7.481 peaux de vaches et de veaux dans les cinq villes ci-dessus désignées et 2.770 peaux de chevaux.

VII. — Le Japon a voulu aussi faire des conserves ; il s’est essayé, d’abord, avec le lait et les sardines ; or, étant donné que les vaches japonaises ont un lait très rare et très faible, le résultat est fort médiocre ; et, d’un autre côte, comme je l’ai déjà indiqué, le Japon ne produisant pas la qualité d’huile voulue pour conserver la sardine, le produit livré sous le nom de « sardines à l’huile » est détestable. Les Japonais ont aussi voulu faire des conserves de bœuf et de fruits ; mais il n’y a aucune chance que ces préparations fassent jamais concurrence au fameux « corned beef » de Chicago, et aux fruits en boîtes de Californie ou d’Australie. Tout ce qu’ils fabriquent en ce genre, d’ailleurs, est consommé sur place ou exporté en Chine.

Le Japon est un gros producteur de papier ; cet article est d’un usage très courant au Japon pour toutes sortes de choses, et le papier japonais, d’ailleurs, est très commode pour servir de serviettes, de mouchoirs, de nappes ; un Japonais ou une Japonaise porte toujours, sur soi, un épais paquet de feuilles souples et blanches. Aussi, dès les temps anciens, dès que la fabrication du papier fut connue par l’intermédiaire des Chinois, on fabriqua du papier au Japon. Pour ne citer que quelques chiffres récents, la production de papier japonais, qui était de 12.261.000 yen en 1897, est passée en 1906 à 15.480.000 yen. Elle n’a donc pas varié beaucoup ; mais ce qui a varié, en augmentant, c’est la production du papier européen, dont les Japonais se servent, aujourd’hui, pour tous les documents officiels, rapports, livres, journaux, et dont les écoles font une consommation de plus en plus grande. D’abord il est meilleur marché que le papier japonais, et, ensuite, il est plus commode pour écrire ; les étudiants qui font des mathématiques, des sciences physiques et naturelles, de la médecine, etc., ne pouvaient pas se servir de papier japonais. Aussi, d’une production évaluée à 2.901.000 yen en 1897, on est arrivé en 1906 à 14.157.000 yen.

Les principales manufactures de papier européen sont : l’Insatsu kioku ou papeterie impériale ; les fabriques de Oji, près Tokio ; de Fuji Seishi ; de Yokkaichi ; de la Compagnie Mitsubishi ; de Itagami (Tokio) ; de Nishimari Seishi ; de Senju Seishi ; de Kiushu Seishi.

L’indigo provient de Tokushima et a donné en 1907 une valeur de 1.702.000 yen.

La menthe (pippermint) vient surtout de Kanagawa et de Hiogo ; on en a fabriqué à Kanagawa pour 245.000 yen ; à Hiogo pour 197.869 yen en 1906.

Outre les diverses industries énumérées ci-dessus, il a été fabriqué pour 2.171.000 yen d’objets en bambou ; 1.581.000 yen d’éventails ; 6.111.000 yen de ciment ; 1.042.000 yen de chapeaux de feutre ; 2.764.000 yen de savons. Tous ces produits, à part ceux qui sont essentiellement japonais, comme les objets en bambou et les éventails, sont de très mauvaise qualité.

VIII. — Le Gouvernement japonais dirige, et fait marcher, différentes fabriques et arsenaux ; il n’est pas sans intérêt d’en donner ici la liste :

Une imprimerie avec 4 machines ;