Les tissus fabriqués dans la province de Kawamata s’étaient acquis, dans ces dernières années, une mauvaise réputation par le fait de la charge que l’on faisait, dans la plupart des cas, subir aux pièces après décreusage. Pour atteindre ce but, on les laissait séjourner dans un bain à base de magnésie, l’augmentation de poids variant, en rapport direct, avec la durée de l’opération. C’est ainsi que l’on arrivait à charger les tissus jusqu’à 40 pour 100 en plus de leur poids de soie pure.
Il est nécessaire d’ajouter que ce traitement ne donnait aucune qualité aux étoffes, en altérait au contraire complètement le brillant et n’avait d’autre but que de tromper l’acheteur. De pareils procédés ne devaient pas tarder à nuire au commerce de cette région ; aussi sa production arriva-t-elle à être tellement délaissée que, se rendant compte de la gravité de la situation, le Gouvernement provincial décréta, en novembre 1904, qu’à dater du 1er avril 1905, aucune pièce ne serait vendue autrement que pure. Des mesures sévères ayant été adoptées, les nouveaux règlements sont maintenant correctement observés.
La province de Kawamata compte 5.300 métiers avec une production relativement importante de 260.000 pièces.
Joshu fut le berceau de l’habutai ; c’est là, en effet, que quelques pièces d’un article similaire, fabriqué en Chine, furent, pour la première fois, imitées au Japon, il y a environ vingt-cinq ans, et les autres provinces, en présence de la demande, s’emparant peu à peu des procédés de leurs voisins, et les modifiant, suivant leurs capacités, arrivèrent à créer cette industrie considérable.
Le Joshu est, en même temps, un centre très important pour la fabrication des étoffes de soie employées pour kimonos japonais.
Sans tenir compte des métiers appliqués à ce dernier genre, on trouve qu’il existe dans cette région :
503 métiers pour unis ; production annuelle 15.000 pièces ;
800 métiers pour habutai façonné : production annuelle 40.000 pièces ;
2.000 métiers pour soieries ; production annuelle 60.000 pièces.
Kiôtô et Gifu produisent également des étoffes de soie, dont seulement une partie infime est exportée, les neuf dixièmes, environ, étant destinés à la consommation intérieure.