L’habutai ou pongé est fabriqué principalement dans six provinces du Japon qui sont généralement des lieux de production de la soie.
Echizen, dont la capitale est Fukui, est le centre du commerce et le lieu d’inspection des tissus après les opérations du décreusage.
En raison de l’importance des transactions, et du peu de confiance qu’il est possible d’accorder aux marchands intermédiaires, surtout au point de vue des contrats, qu’ils acceptent, et dont ils n’effectuent pas livraison, si les cours leur deviennent défavorables ; un certain nombre de maisons européennes ont leurs propres installations à Fukui et procèdent par elles aux achats. Les tissus sont offerts dans les ventes à l’encan ayant lieu journellement, et, dans plusieurs parties de la ville, ils deviennent, naturellement, la propriété du plus offrant ; les cours subissent des variations fréquentes, reflétant d’ailleurs assez facilement le rapport entre l’offre et la demande.
Le nombre des métiers, existant à Fukui et dans les faubourgs, était à la fin de décembre 1904, de 19.959, et la production, du 1er juillet 1904 au 30 juin 1905, a été d’environ 1.200.000 pièces, soit une moyenne de 60 pièces par métier pour une période de douze mois.
On peut dire, qu’au moment de la saison, 4.000 ou 5.000 pièces arrivent chaque jour sur le marché, et, grâce aux organisations spéciales des banques locales, consentant des avances généreuses sur les tissus fabriqués qui leur sont remis en nantissement, les paiements peuvent être effectués au comptant et pour ainsi dire à l’instant même où la marchandise passe en d’autres mains. Des organisations analogues existent aussi dans les autres provinces.
Le district de Kaga, dont la capitale est Kanazawa, ville importante comptant plus de 200.000 habitants, ne fabrique que les qualités légères, et plus de la moitié de sa production est destinée aux États-Unis d’Amérique, qui, en raison du prix élevé des douanes, recherchent plus spécialement des tissus légers.
Les pièces les mieux fabriquées atteignent des prix très élevés, comparativement aux autres, en raison de ces achats pour le compte de l’Amérique, où les tissus de qualité ordinaire ne trouvent qu’un faible écoulement. On comprend donc que les tisseurs apportent tous leurs soins à maintenir et améliorer leur fabrication qui, d’une façon générale, est soignée.
La province de Kaga compte 14.500 métiers et la production a été, de 1904 à 1905, de 750.000 pièces.
Toyama, dans la province d’Etchu, est un centre de fabrication de moyenne importance ; on y compte 5.500 métiers avec une production annuelle de 150.000 pièces ;
Uzen, 1.200 métiers ; production annuelle 42.000 pièces.