En 1875, une fabrique de ciment fut montée à Fukagawa (faubourg de Tokio), et, en 1876, la première verrerie fit son apparition à Shinagawa (autre faubourg de Tokio).
Cependant, autour de ces différents établissements, édifiés et dirigés aux frais de l’État, d’autres établissements privés avaient pris naissance, dirigés par des sociétés et des compagnies. Quand l’essor fut ainsi donné, le Gouvernement impérial se débarrassa peu à peu de tous ces travaux, et vendit toutes ses usines, ne se réservant que la manufacture de draps de Senji où il fabrique les draps pour la troupe.
Quand on voit en combien peu d’années le Japon est arrivé au degré d’activité industrielle qu’il déploie aujourd’hui, on ne peut s’empêcher de reconnaître son extrême aptitude à l’imitation, son acharnement au travail, et, bien que tout ce qu’il produise d’articles européens soit très inférieur à ce qui se fait en Europe même, il faut lui reconnaître une grande habileté et une grande réserve de patience.
Pour pouvoir marcher sans l’aide des Européens, il fallait avoir un personnel d’ingénieurs suffisamment instruits et éclairés. C’est ce que le Gouvernement impérial comprit de suite, et, dès 1871, il créa le collège supérieur des ingénieurs (Kô bu dai gakkô), sous la direction de professeurs anglais (aujourd’hui ce collège est rattaché à l’Université de Tokio).
On y enseignait la mécanique, la construction des bateaux, la science de l’électricité, l’architecture, la chimie, toute science en général nécessaire à la profession d’ingénieur, soit ingénieur civil, soit ingénieur des mines ou électricien. Il sortit de ces établissements des jeunes gens très instruits, dont les mieux notés allaient faire un complément d’études en France, en Angleterre, en Allemagne ou aux États-Unis.
En 1881 fut créée l’École polytechnique de Tokio, où l’on enseigna la peinture, le tissage, la céramique, etc. ; des écoles semblables furent ouvertes un peu partout par les autorités provinciales, de sorte qu’aujourd’hui, à Tokio, à Kioto, à Osaka on compte trois écoles supérieures d’ingénieurs, et dans les provinces, on trouve plus de 1.200 écoles techniques. A l’heure actuelle, à part quelques rares exceptions, les instructeurs européens ont disparu.
A ces renseignements sur l’industrie japonaise, j’ajouterai que le Gouvernement japonais a édicté des lois et règlements sur les brevets et les marques de fabrique ; mais c’est une chose qui n’est pas bien entrée dans les mœurs du pays, et les marques de fabrique sont encore aujourd’hui aussi outrageusement que maladroitement imitées.
CHAPITRE XIV
I. Commerce du Japon avec l’étranger : habutai, kaiki, soieries. — II. Exportation du thé. — III. Exportation du riz. — IV. Charbon japonais. — V. Cuivre. — VI. Camphre, nattes, sake, cigarettes. — VII. Coton. — VIII. Importation : coton brut, lainages ; mousselines de laine ; la situation de la France relativement à l’importation de ce dernier article ; riz d’Indo-Chine ; métaux ; machines. — IX. Importation française. — X. Le commerçant japonais. — XI. Entrées et sorties pour les ports principaux. — XII. Marine marchande japonaise à vapeur. — XIII. Bateaux français. — XIV. Tarif douanier.
I. — Le commerce du Japon avec l’étranger consiste surtout en exportations de soies ; soies grèges qui sont dirigées vers les États-Unis, la France et l’Italie ; déchets de soie qui ne sont guère achetés que par la France ; habutai qui vont en France, aux États-Unis, en Angleterre, aux Indes anglaises, en Australie ; pongés glacés ou kaiki achetés par les États-Unis, et, enfin, mouchoirs de soie qui vont aux États-Unis et en Angleterre.