III. — Le riz japonais est l’un des meilleurs riz qui poussent sur le globe. Aussi s’en exporte-t-il une certaine quantité ; les principaux débouchés pour le riz japonais sont : l’Australie, qui en absorbe pour une valeur d’environ 2.000.000 de yen ; Hawaï, pour 8.000.000 de yen ; l’Angleterre, pour 800.000 yen ; la Corée, pour 500.000 yen ; la Russie d’Asie, pour une valeur très variable : en 1903 pour 445.765 yen ; en 1904 pour 17.621 yen ; en 1905 pour 306.025 yen ; en 1906 pour 472.870 yen.
La demande des États-Unis n’a cessé de décroître dernièrement, ce qui s’explique par ce fait que la culture du riz au Texas a pris une grande extension et a fort bien réussi, ainsi du reste qu’à la Louisiane. Actuellement, le riz récolté dans ces deux États se vend moins cher que le riz japonais, et les Japonais établis en Californie consomment, eux-mêmes, du riz américain.
Parfois, la récolte au Japon n’est pas suffisante, et le Gouvernement est obligé d’importer du riz soit de Bangkok, soit de Saïgon ou de Rangoon : mais, généralement, le riz de ces pays est peu apprécié au Japon ; les grains sont plus petits, et ils sortent de la cuisson beaucoup moins blancs.
En 1908, la récolte n’a pas fait défaut ; elle a atteint, en effet, 51.897.233 koku, soit 93.415.020 hectolitres : elle a donc été exceptionnellement belle, plus belle même que celle de l’année 1904, qui avait été considérée comme la plus belle récolte qui se fût faite au Japon, et qui s’était élevée à 51.401.497 koku, soit 92.500.000 hectol.
Ce tableau montre l’exportation du riz japonais pour les trois dernières années :
| Pays. | 1906 | 1907 | 1908 |
| Chine | 503.583 | 296.460 | 113.379 |
| Hong-Kong | 1.365 | » | » |
| Corée | 57.877 | 63.647 | 63.372 |
| Russie d’Asie | 472.870 | 253.809 | 155.205 |
| Angleterre | 416.179 | 230.374 | 626.681 |
| France | 58.352 | 14.089 | 415 |
| Allemagne | 35.834 | 746 | 168.206 |
| Belgique | 92.871 | » | » |
| Autriche-Hongrie | 57.363 | » | » |
| Hollande | 25.536 | » | » |
| États-Unis | 463.016 | 744.556 | 410.892 |
| Amérique Anglaise | 288.050 | 532.708 | 356.230 |
| Australie | 274.701 | 139.039 | 78.542 |
| Hanoï | 928.975 | 1.375.729 | 1.364.057 |
IV. — L’exportation du charbon va toujours en augmentant ; de 14.828.000 yen en 1904, elle est passée à 16.280.000 yen en 1906 et à 19.052.000 yen en 1907. Le charbon japonais s’exporte actuellement un peu dans tous les ports d’Asie ; cependant il n’est pas utilisable à l’état pur, et les bâtiments à vapeur, surtout les navires de guerre, ne l’emploient que modérément et mélangé avec du Cardiff. Le charbon japonais brûle les chaudières, et produit une fumée intense, très noire ; généralement on le consomme en briquettes comprimées, et, sous cette forme, il semble devoir rendre des services ; mais il n’arrivera jamais à se substituer au charbon anglais, et toutes les marines de guerre, y compris la marine de guerre japonaise, ainsi que les grandes Compagnies de navigation évitent de se servir du charbon japonais.
L’exportation de ce produit se fait : vers la Chine (7.689.000 yen en 1907) ; vers l’Inde britannique (368.000 yen en 1907) ; vers Hongkong (5.439.000 yen en 1907) ; et vers les colonies hollandaises de la Malaisie (430.000 yen pour 1907). Les États-Unis d’Amérique figurent pour une somme de 1.163.000 yen en 1907 ; mais il est probable que ce chiffre représente le charbon apporté, dans les ports de Californie, pour l’usage des bateaux japonais faisant le service de San Francisco à Seattle.
V. — Le Japon est, avec les États-Unis, le plus grand producteur de cuivre, et sa production tend à augmenter constamment. En 1902 elle était de 48.390.637 kin (1 kin = 600 grammes) ; en 1903 elle est passée à 55.312.343 kin et en 1904 la production est estimée à 35.000 tonnes. La progression continue jusqu’en 1907 et 1908 où l’on arrive à environ 38 et 39.000 tonnes. La production totale pour 1908 donne une valeur marchande de 26.302.000 yen.
Comme exportation, la Chine absorbe à elle seule, en 1907, 10.310.000 yen de cuivre ; Hongkong en prend pour 4.782.000 yen ; l’Angleterre pour 4.514.000 yen ; la France pour 2.364.000 yen ; l’Allemagne pour 2.309.000 yen. L’exportation de ce métal, qui fournissait un chiffre de 25.110.000 yen en 1906, passait à 29.260.000 yen en 1907, soit une augmentation de 4.150.000 yen. En 1908 elle a sensiblement baissé ; cette année, d’ailleurs, a été fort mauvaise pour le Japon au point de vue commercial, ainsi que je l’ai noté au début de ce chapitre.