VI. — Autrefois, le Japon proprement dit produisait beaucoup de camphre ; mais aujourd’hui le territoire de l’Empire n’en fournit presque plus, et c’est l’île de Formose qui exporte le plus de cette denrée. Il en est sorti (année fiscale 1907-1908), tant du Japon que de Formose, pour une somme de 7.945.000 yen ; sur cette somme, 2.919.000 yen reviennent à Formose, qui, on le voit, exporte relativement bien plus que le Japon, eu égard à son territoire.

Voici quels sont les pays qui ont acheté le plus :

Indes britanniques1.069.000yen.
Grande-Bretagne158.000— 
France604.000— 
Allemagne1.301.000— 
États-Unis1.689.000— 

Nattes. — Autrefois la natte japonaise n’avait pas de concurrente, dans tout l’Extrême-Orient, en raison de sa finesse et du soin apporté à sa confection ; la qualité a beaucoup baissé aujourd’hui, et l’exportation s’en est ressentie. Le Japonais, d’ailleurs, procède en tout de la même façon, et il est difficile de se procurer maintenant des marchandises aussi soignées que celles d’autrefois. Pour les nattes la concurrence annamite se fait sentir, et si nos fabricants de nattes de Nam dinh s’y appliquaient, ils arriveraient, certainement, à évincer complètement la natte japonaise. Les nattes tonkinoises sont, d’ailleurs, tellement en mesure de lutter contre les nattes japonaises, que des marchands Japonais vendent, à Hong-Kong et sur les côtes de Chine, aussi bien qu’aux États-Unis, des nattes tonkinoises pour des nattes japonaises. Ce sont les États-Unis qui absorbent la majeure partie de ce produit : ils en prennent bon an mal an pour une valeur d’à peu près 6.000.000 de yen.

Allumettes. — Le commerce des allumettes est toujours prospère, et se tient entre 10.000.000 et 11.000.000 de yen. La Chine, Hong-Kong, les établissements des détroits, la Corée, sont les plus gros acheteurs ; le Siam, la Birmanie et les Indes anglaises viennent ensuite.

C’est un des principaux articles japonais d’exportation dans les pays d’Extrême-Orient, et le commerce d’importation des allumettes européennes est devenu, par ce fait, insignifiant.

Saké. — Le vin de riz japonais, ou plutôt l’alcool de riz, ne s’exporte guère qu’en Corée et en Chine ; ou plutôt il serait mieux de dire qu’il s’est exporté, lors de la campagne de Mandchourie ; aujourd’hui que les armées japonaises sont rentrées, l’exportation tend à diminuer ; cependant il en part encore dans ces deux pays pour une valeur de 800.000 à 1.000.000 de yen.

Porcelaine et poterie. — Ce sont les États-Unis qui achètent le plus ces articles au Japon. Sur un total de 7.942.927 yen pour 1906 et de 7.216.000 yen pour 1907, ils en ont absorbé pour une valeur approchant de 4.000.000 de yen chaque année (exactement en 1906 = 4.332.584 yen ; et en 1907 = 3.816.000 yen). La Chine vient après, puis la Corée ; et enfin l’Angleterre et Hong-Kong. La France n’achète au Japon que pour 110.000 yen environ de porcelaine, alors que l’Angleterre lui en achète pour 450.000 yen.

Cigarettes. — Ne s’exportent qu’en Chine et en Corée ; 1.228.000 yen en Chine pour 1907 ; environ 800.000 yen en Corée pour la même année ; mais il pourrait se faire que cet article d’exportation vînt à tomber rapidement ; car les Chinois se sont mis à fabriquer des cigarettes absolument semblables aux cigarettes japonaises et les fumeurs chinois les achètent de préférence.