Pourrait bien les faire ployer,

Mesdames, croyez-moi, ne changeons pas les rôles,

Restez les anges du foyer[43].

7e: La femme doit voter parce qu’elle paie l’impôt

L’objection est des plus naïves et des plus enfantines: «Si vous acceptez notre argent, si vous nous obligez à payer l’impôt, donnez nous au moins le droit de le voter, le droit d’élire des représentants qui seront nos porte-paroles».

On ne voit pas très bien, nous osons l’avouer, la relation qui existe entre le droit de voter et le paiement de l’impôt! Voyons! Est-ce parce qu’on paie l’impôt qu’on a le droit de voter ou bien est-ce parce qu’on vote qu’on paie l’impôt? Alors les incapables énumérés par la loi, les abstentionnistes, les militaires, etc., ne devraient pas être taxés par le fisc! L’impôt n’a point comme corollaire le droit au vote.

Et puis, une raison plus sérieuse milite en notre faveur. Du caractère légal de l’impôt découle un autre raisonnement. L’impôt, de nos jours, est réel et non personnel[44], c’est-à-dire dû non par la personne, non par un homme ou une femme, mais bien par la fortune. Ce n’est plus Monsieur X. ou Madame Y. qui sont taxés, mais directement leurs richesses!

N’essayez donc point de vous prévaloir, Mesdames, de ce fameux droit illusoire: «Nous payons, donc nous voterons». Si, dans votre arsenal féministe, vous ne possédez que de semblables arguments, la déroute sera complète avant peu dans votre camp. Et cela à cause de cette légèreté innée, de cette sensibilité naturelle qui vous font dévier du droit chemin, ou qui faussent en vous les raisonnements les plus simples. Une idée surgit, elle vous semble excellente! Vous la soutenez, vous la défendez, sans même parfois vous demander quelle en est exactement la valeur. Vous vous grisez de mots et de phrases, étourdies par le vide de vos conceptions.

Il est temps, Mesdames, de vous rappeler à votre rôle: «Un chat, un oiseau, au meilleur cas une nourrice[45]».