Je suis avec vous, du moins partiellement. Seulement je suis d’avis de procéder par étapes. Je voudrais d’abord accorder aux femmes le vote, l’électorat puis l’éligibilité municipale. Si l’expérience, comme je crois, réussissait, je serais disposé à permettre aux femmes de prendre part aux élections cantonales. Mais je m’arrêterais là. L’électorat politique me paraît inséparable des charges militaires, jusqu’ici du moins.
Jacques Bardoux, Professeur à l’Ecole des Sciences politiques.
Je voudrais conférer à la mère de famille (comme au père de famille) la pluralité du vote comme une récompense et un honneur dans ce pays que mine une natalité volontairement décroissante, mais aussi comme un attribut justifié par plus d’expérience acquise et d’intérêts dans la vie.
Eugène Rostand.
Je suis en principe partisan du suffrage des femmes à condition qu’elles soient veuves ou célibataires âgées de 25 ans.
Par contre, je ne suis pas d’avis qu’elle soit éligible, si ce n’est aux fonctions d’assistance, municipales ou éducatives.
C. Bonnet-Maury, Professeur à la Faculté libre de Théologie protestante.
Je suis partisan du suffrage des femmes. Nous pourrions commencer par l’introduire à certaines conditions dans les élections municipales.
Paul Deschanel.
Je désire obtenir pour la femme l’égalité des droits politiques. Néanmoins je considère qu’une pareille réforme ne peut s’accomplir que par étapes.