Goirand.
Je crois que, dans un avenir plus ou moins rapproché, les femmes deviendront électeurs et éligibles et je suis même convaincu qu’elles élimineront les hommes de la politique. Elles y apporteront plus de finesse mais elles la compliqueront. En Finlande et en Australie, leur intervention n’a pas été heureuse.
Yves Guyot.
Le bulletin de vote pour les femmes, ça sera comme pour les hommes, l’acceptation de l’oppression politique et de l’exploitation économique par la grande masse, pour le plus grand profit de ceux qui exercent le pouvoir et qui détiennent la richesse sociale.
Jean Grave.
Il y a déjà tant d’incompétences qui s’occupent de politique que je ne verrais pas sans inquiétude les femmes se jeter dans la mêlée des partis. Dans les pays catholiques, le vote de la plupart des femmes serait celui de leurs confesseurs, qui recevraient eux-mêmes le mot d’ordre de Rome. Au lieu de contribuer au progrès, il amènerait je crois un recul. Attendons, la question me semble prématurée.
Alfred Fouillée, membre de l’Institut.
La presque unanimité des électeurs de Roquefixade m’a fait maire de cette commune, quoique me sachant aussi matérialiste que patriote et républicain.
Or, si les femmes votaient, non seulement je n’aurais pas le suffrage de la plupart d’entre elles, mais elles détourneraient de moi un assez grand nombre de mes électeurs actuels.
E. Darnaud, maire de Roquefixade (Ariège).