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Du Nouveau Siècle:

Si la femme était directement intéressée dans nos luttes, elle y perdrait l’influence bienfaisante qu’elle tient de ses rôles d’épouse et de mère, sur les destinées de la Patrie qui n’est plus que le prolongement naturel de la famille.

Au moment où sous les attaques incessantes contre l’idée de la «Patrie» on sent poindre de tous côtés des sentiments de découragement et comme des symptômes de résignation à une sorte de dégénérescence nationale, la femme, dans ses deux grands rôles, avec son sens plus affiné de nos traditions, m’apparaît comme la seule capable de réveiller en ce pays la vision rédemptrice de son idéal et de ses destinées momentanément obscurcies par nos luttes politiques.

Elle n’y arrivera que si elle s’en tient soigneusement à l’écart.

Amiral Bienaimé, député de Paris.

J’aurais été satisfait de voir dans la Chambre des femmes députés... Tout cela parce que la femme a autant—si ce n’est plus—de droits à défendre que l’homme. Comme celui-ci, du reste, elle a à combattre l’exploitation capitaliste et elle a tout à attendre de la venue d’une société socialiste. En plus, comme mère, la femme devrait pouvoir influer sur les destinées sociales et matérielles.

Compère-Morel, député du Gard.

Le suffrage universel n’est qu’une fiction tant que les femmes en seront exclues; le mot de féminisme me paraît impropre. C’est la question de l’égalité et de l’équité dans le civisme qui est posée. La femme est citoyen devant la loi commerciale, devant la loi pénale; elle ne l’est pas devant l’urne électorale, c’est la contradiction constitutionnelle, l’injustice sociale.

Millevoye, député de Paris.