Y mêler encore la politique me paraît superflu.
Mes sentiments les plus distingués.
Michel Provins.
CONCLUSION
Aux Femmes
Vous qui nous lirez, convaincues, sceptiques, ou indifférentes, n’ayez pour moi aucune parole de haine, aucun sentiment de mauvaise humeur, aucun accès d’indignation. A nos attaques raisonnées et sincères, répondez par un sourire, à nos objections par un geste élégant de vaincues: Vous aurez là l’occasion d’être pour une fois des femmes d’esprit.
De nous ne vous faites pas l’idée d’un rétrograde, d’un bourgeois ou d’un retardé du siècle! Non! plus que vous, nous aimons tout ce qui est jeune, nouveau; plus que vous nous adorons l’idée riche d’espoir, de jeunesse et d’avenir; mais cependant nous ne prendrons dans ces projets d’évolution future que ce qui nous semble juste, équitable et sensé, vous laissant, Mesdames les féministes, le rôle ingrat de ne voir dans nos théories sociales que le ridicule, le grotesque et l’invraisemblable.
Mais ce n’est point encore à vous les intellectuelles (?), les révolutionnaires, les exaltées que j’en veux, vous qui défendez parfois avec conviction et rarement avec raison une mauvaise cause. C’est à vous, Messieurs les féministes, qui doucement, avec une douce et fausse pitié, vous penchez vers l’âme de cette femme éprise de liberté, grisée d’émancipation et par votre prestigieux talent et votre plume éblouissante matérialisez et faites passer du domaine irréel au domaine réel une idée fausse et anormale. Oui c’est à vous que je cherche querelle, vous les hommes puissamment assis dans la vie politique qui par pose, par snobisme, par genre, vous collez l’étiquette de féministe, vous qui trônez fiers et impassibles dans les hauteurs de la littérature et du journalisme et prenez plaisir à soutenir la cause de l’Eve future pour vous singulariser ou vous créer un nom, c’est vous que j’accuse de cet énervement social, de cette crise qui secoue ridiculement quelques Françaises! Un coup de bistouri eût été mieux approprié qu’une tendre consultation!