RUSES

Nous avons quitté le chevalier de Mornac et Jeanne de Richecourt descendant du bûcher où le Gascon avait failli périr, et traversant tous deux la foule stupéfaite.

Ils avaient laissé derrière eux la multitude encore de prosterné, et arrivaient près de la cabane de la Perdrix-Blanche, lorsqu'un Sauvage qui s'était jusque-là tenu caché en arrière du ouigouam, à la faveur de l'obscurité, vint à leur rencontre, tout en jetant des regards furtifs autour de lui.

Comme Jeanne surprise faisait un pas en arrière pour éviter quelque soudaine attaque, l'inconnu dit rapidement à voix basse et en français.

—Que la jeune fille blanche et le vaillant jeune homme ne craignent rien! je suis le Renard-Noir.

—Le Renard-Noir!

—Lui-même. Il est venu pour vous sauver tous les deux. Que le jeune homme me montre son ouigouam afin que j'aille l'y trouver pour y préparer votre fuite. Si le Grand Esprit nous assiste, vous serez libres demain.

—Pourquoi pas tout de suite? demanda Jeanne avec anxiété.

—La vierge pâle nous perdrait tous par trop de hâte. Il faut attendre.
Où est le ouigouam de mon fils?

—Là, fit Mornac en désignant du doigt sa cabane. D'ailleurs vous n'aurez qu'à me suivre. Après avoir laissé Mlle de Richecourt ici, je m'en vais m'y rendre immédiatement.