—Que la jeune femme n'ait point peur. Le Huron ne lui veut pas de mal. Il est l'ami de la jeune vierge pâle et du jeune homme blanc qui a sauvé ton enfant prêt de se noyer. Es-tu bien reconnaissante au jeune homme.
La mère jeta un regard de feu de ses grands yeux noirs sur l'enfant qui dormait dans un coin de la cabane et répondit:
—S'il fallait mourir pour lui, je quitterais volontiers la vie.
—Tu peux le sauver à moins de cela. Écoute. Tu connais la croyance commune aux Sauvages au sujet des maladies et de certains rêves fâcheux. Ainsi que le soin qu'ils prennent d'en détourner le cours et l'accomplissement. Demain fais venir tes parents et tes amis et annonce-leur que tu es malade et que tu as rêvé, pendant la nuit, que tu étais menacée de mort. Tu demanderas qu'on fasse un festin à tout manger pour apaiser la colère de l'esprit. On ne pourra point te refuser. Le soir, pendant que tout le village sera plongé dans les jouissances du grand repas, je ferai évader la vierge blanche et son ami. La jeune femme consent-elle?
La Perdrix-Blanche réfléchit un instant et répondit:
—Si le guerrier huron veut promettre qu'il ne fera aucun mal à mon frère Griffe-d'Ours, j'obéirai.
L'oeil fauve de Renard-Noir étincela; son bras eut un mouvement nerveux.
Néanmoins il répondit:
—Il y a bien longtemps que le chef huron veut se venger de Griffe-d'Ours. Mais ma vengeance attendre et je n'entreprendrai rien encore contre ton frère. J'ai dit.
—Alors, tu seras obéi.
—Fais donc que le festin ait lieu demain soir?