Il tirait à l'aide d'un bâton pointu, des quartiers entiers de venaison qu'il distribuait à chacun, réservant néanmoins pour ses amis les morceaux les plus friands qu'il leur présentait, comme marque de faveur, au bout du bâton.

A l'un auquel il passait la tête d'un castor, que l'on considérait chez eux comme la partie la plus délicate de cet animal, il disait:

—Mon cousin, voici ta tête.

A l'autre, en lui offrant une épaule d'ours, il disait encore:

—Mon cousin, voici ton épaule.

Personne ne songeait à se choquer de ces préférences qui étaient en usage.

Lorsque chacun fut servi, Griffe-d'Ours s'assit à son tour mais sans rien prendre pour lui-même.

Son voisin de droite, choisit les meilleurs morceaux parmi ce qui restait et les lui présenta en disant:

—Chef, voilà ton mets.

A l'énumération de chacun desquels Griffe-d'Ours avait soin de répondre à son tour: