Deux heures plus tard Joncas se réveilla, secoua ses membre engourdis par le sommeil et le froid, et remplaça le Renard-Noir.
A ces hommes de fer une couple d'heures de sommeil suffisaient pour parer à la fatigue de plusieurs journées.
Le Huron prit la place de Joncas et s'endormit à son tour.
Lorsqu'il se réveilla, à l'aurore, une neige épaisse tombait sur le sol.
D'un saut il fut debout, regarda le ciel et le lac et dit à Joncas:
—L'hiver!
—Oui. Nous n'irons pas bien loin sur le lac. A peine pourrons nous faire encore une journée de marche par eau.
—La glace est prise sur les bords! Partons vite!
Ils éveillèrent leurs compagnons, déjeunèrent à le hâte et descendirent sur la plage de l'îlot.
Pendant la nuit la glace s'était formée sur une largeur de trente pieds. On la cassa à coups de pierres et d'aviron afin de frayer un passage à la fragile pirogue.
La neige tombait épaisse et serrée, formant à la surface du lac une sorte d'écume qui s'épaississait à vue d'oeil.