—Vous n'êtes pas le moins à louer de la prompte terminaison des travaux, dit Mornac.
—Ce dont il faut se réjouir le plus, reprit M. de Sorel, c'est de n'avoir pas été dérangés par les Iroquois.
—C'est en effet fort heureux que nous n'ayons pas eu ces moricauds dans les jambes; leur présence aurait beaucoup entravé les travaux. Cependant, pour ma part, je regrette qu'il ne s'en soit pas montrée quelque bande. J'ai certain différend à régler avec ces bandits pour la manière discourtoise dont ils m'ont traité l'an dernier.
—Veuillez bien croire, mon cher chevalier que je ne serais guère fâché, au fond, de faire moi-même connaissance avec des guerriers qui sont la terreur de ce pays. Il me semble que des soldats de Carignan feraient voir beau jeu à des Sauvages! Pourtant je ne puis que me féliciter d'avoir terminé nos travaux sans avoir perdu un seul de mes hommes.
En ce moment on entendit le qui-vive de la sentinelle qui veillait à la porte du fort.
—France et Sorel! répondit de dehors une voix dont l'accent normand n'était pas inconnu à Mornac.
Quelques instants après l'officier de service s'approcha du groupe dont faisait partie M. de Sorel, et dit au commandant que Joncas, le coureur des bois, désirait lui parler.
—Qu'il vienne, dit M. de Sorel.
Suivi du Renard-Noir le Canadien s'approcha.
—Qu'y a-t-il? demanda le capitaine.