—Il y a mon commandant, que le chef huron et moi en faisant dans les environs, notre battue de chaque soir, nous avons remarqué plusieurs pistes d'Iroquois.

Un léger mouvement de surprise parcourut le groupe.

—Sont-elles nombreuses?

—L'obscurité est trop forte pour en bien déterminer le nombre. Nous n'avons pas osé faire de lumière de crainte d'être surpris par les ennemis. Pourtant nous sommes sûrs qu'ils sont au moins une trentaine.

—Crois-tu qu'ils soient en ce moment près de nous?

—Leurs pistes sont toutes fraîches. Ils ont du s'approcher, à une portée de pistolet, il n'y a pas une demi-heure. Mais apparemment qu'ils sont rentrés dans le bois; car nous avons fait le tour du fort sans rencontrer personne.

—C'est bon! Officier de service?

—Commandant…

—Donnez d'ordre qu'on double les gardes à la porte et qu'on place une sentinelle à chacun des quatre bastions du fort. Faites ensuite charger les mousquets et les mettre en faisceaux, les mèches allumées. Que les hommes se couchent tout habillé pour être prêts en cas d'alerte!

Trois heures après, à part les sentinelles qui veillaient, l'arme au bras, à la porte et aux quatre coins du fort, chacun dormait profondément.