Une dizaine de têtes surmontées de la houppe particulière aux Sauvages, se montraient déjà à l'affleurement du rempart, lorsque l'un de ceux qui montaient ainsi, en mettant la main dans un des interstices des poutres de l'escarpe, fit choir une tarière qu'un ouvrier y avait oubliée. L'instrument tomba la pointe la première en plein sur la tête de l'un des assiégeants qui attendaient en bas.
Celui-là jeta un cri et s'affaissa sur le sol.
La sentinelle qui montait la garde sur le bastion d'en face entendit ce bruit, épaula son arme et tira.
Avec la détonation un hurlement épouvantable ébranla la forêt.
C'était le cri de guerre de Griffe-d'Ours.
Mornac, l'un des premiers à s'éveiller, reconnut ce redoutable signal de combat du chef agnier.
—Aux armes! aux armes! criait-on de toutes parts.
Les dix Iroquois qui avaient déjà escaladé le fort s'étaient rués en avant le tomohâk au poing.
M. de Sorel et les officiers couchaient sous un appentis élevé au milieu d fort et tout près du feu. Comme ils s'élançaient tous au dehors, les Sauvages tombèrent, la hache levée, sur eux.
Le petit groupe d'officiers rompit de trois pas pour éviter la première attaque.