Quand les hommes furent restés seuls, ils se rapprochèrent du foyer dont ils ravivèrent le feu près duquel ils s'assirent en silence.

Seul, près de la fenêtre refermée, le Huron faisait le guet.

On n'avait pas rallumé la chandelle, pour être moins en vue. Tout bruit s'éteignit peu à peu dans la maison. Au dehors, rien ne troublait le silence nocturne, à part quelques grondements furtifs des chiens, et les miaulements sauvages d'un hibou qui se plaignait au loin dans la nuit.

CHAPITRE VII

SURPRISE

La nuit et la matinée qui suivirent s'écoulèrent sans autre incident digne de remarque. Aussi, rejoignons-nous nos personnages au commencement de l'après-midi du lendemain de leur arrivée à la Pointe-à-Lacaille.

Ils venaient de dîner et se dirigeaient tous, en sortant de l'enceinte de palissades qui entourait la maison, ver un champ de blé dont on avait commencé la moisson le matin même.

Joncas, le fusil en bandoulière et une faucille à la main, battait la marche avec sa femme. Après eux venaient le Renard-Noir et Jean Couture, le garçon de ferme, également armés et pourvus de fourches, de faucilles et de râteaux. Mme Guillot appuyée sur le bras de son fils, Jeanne avec Mornac et enfin Vilarme les suivaient à la file.

Malgré ce qu'on avait pu lui dire, Mornac n'avait pas voulu se charger d'un mousquet; et il disait à Jolliet qui le précédait:

—Vous voyez bien, mon jeune ami, qu'il est inutile de s'embarrasser d'armes pesantes. N'avons-nous point passé toute la matinée au dehors sans être inquiétés?