Pendant deux secondes Jolliet hésita entre sa mère et Jeanne qui se débattait, quelques pas plus loin, entre les bras de son sauvage ravisseur.
Mais l'amour filial fut le plus fort et le jeune homme battit en retraite avec Mme Guillot, vers l'enceinte palissadée.
Indécis un instant aussi, le huron suivit Jolliet et Joncas.
Comme ils refermaient tous les trois la porte des palissades avec la promptitude et la force que leur donnait le danger pressant, les Iroquois venaient de disparaître avec leurs captifs dans les profondeurs des bois.
Quand la porte fut refermée, Jolliet s'écria en regardant Joncas:
—Nous sommes des lâches, pour ne les avoir point défendus!
—Et votre mère et ma femme, ne devions-nous pas les sauver avant tout?
—Eh bien! courons sus aux Iroquois, maintenant! et à nous trois nous pouvons encore délivrer nos amis!
—Tu l'aimes donc bien, elle, lui dit doucement sa mère dont les yeux étaient pleins de larmes.
—Mon Dieu! mon Dieu! s'écria le jeune homme avec un sanglot déchirant qui s'en alla mourir dans la forêt voisine où résonnait encore le dernier cri des ravisseurs.