Celui-ci se mit à l'oeuvre.
Mlle de Richecourt, assise à quelques pas de distance, s'efforçait de paraître calme; mais on voyait à l'agitation de son sein qu'elle était plus qu'émue.
Lorsque vint le tour de Mornac, les Sauvages lui firent signe de remplacer Jean.
Un éclair brilla dans l'oeil du chevalier. Mais sa cousine lui fit signe de se résigner. D'ailleurs, à la vue de l'hésitation que Mornac venait de manifester, Griffe-d'Ours s'était rapproché de lui en brandissant son tomohâk. Cet argument produisit un effet immédiat, et, tout bon gentilhomme qu'il fût, Mornac dut se soumettre.
Peu habitués à ce dur travail et mal pourvus d'outils, les captifs mirent plus de deux heures à creuser la terre, et le soir était venu quand ils eurent fini.
Les Iroquois placèrent leurs deux camarades dans la fosse qu'ils eurent soin de recouvrir de grosses pierres pour empêcher les bêtes fauves de déterrer les cadavres.
Ensuite ils garrottèrent de nouveau les captifs qui voyant bien que toute résistance était inutile, se laissèrent attacher.
Les Sauvages redescendirent avec eux vers la grève, et là, hors des atteintes de la marée, ils allumèrent un grand feu près duquel ils prirent leur repas du soir.
Quand ils eurent fini; ils se parlèrent avec animation durant quelques minutes.
Les prisonniers qu'ils regardaient souvent virent bien qu'il s'agissait d'eux, quoiqu'ils ne comprissent pas un mot au langage des Iroquois.