--Jésus Dieu! préservez-moi! s'écrie-t-il en se levant tout debout, sans penser qu'il peut être remarqué par le premier passant.

--A terre! ou tu es mort! lui dit une voix sourde et contenue, tandis que la pointe aiguë d'un poignard s'appuie sur sa poitrine.

C'est Dent-de-Loup, qui vient de retraverser la rue avec Harthing.

Cédant à la force d'un bras vigoureux, Boisdon se laisse glisser à terre en grelottant de frayeur.

--Impossible de franchir le mur à présent, avec la jeune fille, murmure Harthing; car ces hommes ne sont plus qu'à vingt pas de nous. Et le baril qui va sauter! Par Satan! cette mèche aura brûlé jusqu'au bout avant que ces maudits importuns nous aient dépassés!

Une effroyable contraction étreignit le cœur de ces trois hommes obligés de rester exposés au feu de la terrible mine qui allait éclater à cent pieds d'eux. La fusée adaptée au baril devait embraser la poudre en cinq minutes; et il y en avait au moins deux d'écoulées depuis que Dent-de-Loup l'avait allumée.

--Oh! puisqu'il faut périr avant que d'être heureux, se dit Harthing, je vais lui donner au moins le baiser des fiançailles de la mort!

Et ses lèvres en feu pressent avec force la bouche glacée de Marie-Louise évanouie.

En ce moment quinze hommes armés venant de la basse ville passaient devant eux.

Au même instant aussi, un boulet frappe la muraille contre laquelle Harthing, Dent-de-Loup et Boisdon se serrent avec frayeur; le projectile tombe à dix pas d'eux et les couvre de fragments de pierre dont plusieurs blessent Boisdon.