Une fois là, pourtant, leur position n'est guère plus enviable, car la marée qui monte va bientôt recouvrir l'îlot sur lequel ils ont pris pied; sans compter qu'il leur reste encore plusieurs arpents à franchir à la nage, avant d'atteindre la rive nord.

A peine se sont-ils reposés quelques minutes que le flux envahisseur vient les forcer de quitter leur lieu de refuge momentané.

Alors ils entrent de nouveau dans la rivière et se dirigent en nageant vers la rive opposée à celle de la ville.

Harthing n'est cependant pas aussi bon nageur que Dent-de-Loup; et, brisé déjà par la chute extraordinaire qu'il a faite du haut en bas du cap, il sent bientôt venir la fatigue. Mais il n'en dit rien et continue d'avancer.

Peu à peu ses membres s'engourdissent, ses muscles sont rebelles à sa volonté, et il enfonce graduellement.

L'eau se met à lui battre les tempes, il fait un dernier effort, et fouettant vivement la lame de ses bras, il rejette la tête en arrière en poussant un cri.

Puis il se sent submergé, et perd connaissance au moment où le flot victorieux va triompher à jamais de lui.

CHAPITRE XII

FAITS ET CANCANS.