--Ah! ah!
--Ne riez pas, monsieur, le vendredi, voyez-vous, est jour de malheur.
--Bah! histoire de vieille femme, dit Sainte-Hélène.
--Que nous chantes-tu donc là, sinistre corbeau? repartit Louis d'Orsy.
--Ce bon Pierre! dit Bienville en riant comme les autres.
--Prenez garde! messieurs, prenez garde!
--Allons! allons! un homme comme toi, Pierre, ne devrait pas croire à ces choses-là. Mais nous perdons notre temps. Attention! serrez les rangs! dit à sa petite troupe M. de Longueuil.
Pierre Martel alla s'aligner, non sans avoir secoué plusieurs fois la tête en signe de désapprobation.
Vers dix heures, toute cette belle et vaillante jeunesse s'ébranla au son des tambours et des fifres. Le détachement de deux cents hommes, commandé par MM. de Longueuil, Sainte-Hélène, d'Orsy et Bienville, prit les devants; car il avait à traverser la rivière Saint-Charles pour rejoindre les Anglais, tandis que M. de Frontenac restait, à la tête de trois bataillons, de ce côté-ci de la rivière, au cas où les ennemis parviendraient à la traverser à gué.[56]
[Note 56: ][(retour) ] Voyez Charlevoix.