Pâle était le dernier reflet du jour mourant qui venait éclairer la chambre de Louis d'Orsy; mais plus pâle encore était ce dernier, qui gisait tout sanglant sur son lit une heure après le combat.

Il était là, défait, brisé, vaincu par le mal, ce vaillant jeune homme si plein de courage et de vie quelques heures auparavant.

Près de Louis assoupi se tenait un chirurgien, dont l'air préoccupé laissait voir combien l'état du blessé l'inquiétait. Dans l'ombre se mouvait discrètement Marie-Louise, qui paraissait voler plutôt que marcher, tant elle effleurait légèrement le parquet.

Elle avait aussi bien pâli, la pauvre enfant. Les terribles événements de l'avant-veille avaient tellement agi sur sa constitution, que ses belles et vives couleurs d'autrefois avaient fui ses joues veloutées, tandis qu'un léger cercle de bistre, apparaissant sur les paupières inférieures, y indiquait la trace de l'insomnie et des larmes.

Inquiète et tremblante, elle allait par la chambre, prompte à obéir à chacune des prescriptions du chirurgien, qu'elle interrogeait d'un regard anxieux.

L'homme de l'art se préparait à extraire la balle de la poitrine du jeune baron.

En ce moment, Bienville entra. Il s'approcha du chirurgien en marchant sur la pointe du pied.

--Eh bien? lui demanda-t-il à voix basse.

L'opérateur ne répondit pas; mais se tournant vers Marie-Louise:

--Veuillez donc, s'il vous plaît, mademoiselle, me procurer une lumière.