Longtemps elle pria de la sorte, sans paraître ressentir aucune des influences extérieures qui l'entouraient. C'est que, exaltée par l'élan de sa foi, elle parlait directement à Dieu.
Elle parut enfin revenir sur la terre, lorsque, détournant les yeux de la croix, elle les promena tour à tour de son fiancé à son frère et de son frère à son fiancé.
A ce moment, une indicible expression d'angoisse passa sur sa figure, comme si deux sentiments divers s'étaient heurtés tout à coup pour lutter en elle.
Mais cela n'eut que la durée d'un éclair, et Marie-Louise releva ses beaux yeux sur le Christ. Cet instant avait pourtant suffi pour changer l'expression de sa physionomie, où se lisait surtout maintenant un sentiment de sacrifice et de résignation extrêmes.
Qu'avait-elle donc promis à Dieu en échange de la guérison de son frère?
Celui-ci se tordait sous l'étreinte du mal. Sa figure devenait livide, tandis que la peau en était sèche et brûlante. Une chaleur âcre le dévorait, ce qui lui desséchait la bouche en lui causant une soif inextinguible.
François, désespéré, retenait dans les siennes la main brûlante de son ami.
Quant au chirurgien, accoudé sur l'une des colonnes torses du lit du patient, la tête appuyée sur sa main droite, il était comme courbé sous le poids de l'impuissance, que toute la science des hommes ne saurait soulever quand Dieu les terrasse.
Marie-Louise se relevait, lorsque la porte d'entrée s'ouvrit.