--Il vient prier le gouverneur de capituler!

Les Canadiens accueillirent ces paroles par un immense éclat de rire.

D'Orsy les fit taire d'un regard, et s'adressant au parlementaire:

--Si vous voulez voir M. le comte de Frontenac, il faut vous soumettre à ses conditions, qui sont, de vous bander les yeux pour vous conduire au château Saint-Louis, et de nous suivre à terre sans votre escorte.

A ces paroles, le rouge monta à la figure du lieutenant Harthing, qui répondit avec un emportement mal contenu:

--Remarquez bien, monsieur d'Orsy, que je ne viens pas en espion!

--Les ordres de M. le comte de Frontenac sont formels, répliqua froidement d'Orsy, et monsieur Harthing est parfaitement libre de retourner à son bord si ces conditions lui déplaisent.

Harthing se mordit les lèvres, et, après avoir réfléchi quelques instants:

--Sachez au moins que je représente une nation, et qu'à ce titre ma personne est inviolable.

--Vous ne m'apprenez rien, monsieur, répondit d'Orsy, et je sais très bien quels égards vous sont dus.