--Allez! lui dit le comte de Frontenac, dont l'indignation si longtemps contenue se faisait jour enfin, allez! Je vais répondre à votre maître par la bouche de mes canons! Qu'il apprenne que ce n'est pas de la sorte qu'on fait sommer un homme comme moi![25]

[Note 25: ][(retour) ] Historique.

--Messieurs de Bienville et d'Orsy, dit-il ensuite à ceux-ci, reconduisez monsieur avec les mêmes égards et les mêmes précautions qui ont accompagné sa descente à terre.

Quand il entendit prononcer le nom de Bienville, Harthing lança un regard haineux à ce dernier. Dent-de-Loup, qui lui-même tenait ce renseignement de Boisdon, lui avait appris que François était le fiancé de Marie-Louise d'Orsy.

Une demi-heure plus tard, Harthing rejoignait de nouveau sa chaloupe, après avoir toutefois circulé à satiété parmi les chausse-trapes et les chevaux de frise qui semblaient naître sous ses pas.

--Au revoir, d'Orsy, grommela l'Anglais hors de lui, en mettant le pied sur son embarcation. Et son regard acéré alla tâter celui de Bienville, qu'il rencontra prêt à la riposte.

--A bientôt, monsieur Harthing, répondit courtoisement le jeune d'Orsy, qui salua le parlementaire et lui tourna le dos pour revenir à la ville.

--Cet Anglais ne me plaît pas du tout, dit alors Bienville à son ami.

--Peut-être te plaira-t-il encore moins, quand tu sauras qu'il est la cause du cri que ma sœur a jeté tantôt en le voyant.

--Oh! enfin! enfin! dis-moi par quelle fatalité cet homme............